«  Apprends à prendre ta place  »

Extrait d’une communication de Laetitia Vandevonder pour l’AFrAHM, Service d’Orthopédagogie clinique de l’UMons

En 2009, nous avons développé un projet-pilote visant à développer l’autodétermination des adolescents et jeunes adultes présentant un retard mental en favorisant l’intégration sociale par le biais d’une meilleure estime de soi. Celui-ci est soutenu par les Universités de Mons et de Liège ainsi qu’un financement CAP48.

Contexte et objectifs du projet

Les jeunes adultes présentant une déficience intellectuelle n’ont pas tous eu la chance de bénéficier des services d’aide précoce durant leur enfance, encore moins des services d’aide à l’intégration à l’adolescence.   Leur autonomie et leur intégration sociale peuvent s’en trouver affaiblies.   Le projet baptisé « Apprends à prendre ta place  » tente de palier à cela en donnant un nouvel élan à l’autonomie et à l’autodétermination de ces jeunes et en les aidant à vaincre leur déficit d’estime de soi.

Basé sur des observations et des résultats de recherches universitaires sur ces thèmes, ce projet a le mérite de concrétiser les apports théoriques en situations réelles d’apprentissage.

Au départ de mises en situation ludiques adaptées, réalistes et évolutives, des jeunes adultes ont pu exercer leurs compétences et devenir de véritables acteurs et consommateurs au sein de leur milieu de vie.

Concrètement…

Le projet consiste en l’accompagnement de jeunes présentant une déficience intellectuelle modérée (syndrome Xfragile) dans le cadre d’activités de loisirs et de vie quotidienne.   Cinq jeunes et leur famille se sont engagés et ont accepté l’accompagnement d’étudiantes en psychologie, sciences de l’éducation, logopédie ou des futures institutrices primaires.   Ces dernières ont été formées et supervisées par les équipes universitaires lors des mises en situation des réalités de la vie quotidienne.

Ces mises en situation ont consisté en la préparation, la mise en route et l’exécution d’activités telles que aller au cinéma, aller au bowling, faire des achats dans un magasin, se rendre dans un snack, visiter un musée, etc. Pour aider l’intervenant et le jeune dans ces différentes étapes des outils méthodologiques ont été développés par les équipes universitaires. Ainsi l’utilisation de grilles d’analyse de tâche et un carnet d’observations personnalisé ont permis à chacun – intervenants, parents et adolescents – d’observer les progrès réalisés mais également de mettre en évidence les obstacles rencontrés au cours des différentes mises en situation.

Outre le fait de participer à des activités ludiques, l’intérêt du projet «  Apprends à prendre ta place  » est d’inciter les adolescents et jeunes adultes à prendre une place à part entière dans le choix, la préparation et l’exécution de ces activités et de leur permettre d’exercer, en toute sécurité, leurs compétences dans des domaines variés : le déplacement et la mobilité, la gestion du temps, la gestion de l’argent, les relations et la communication. Il permet également d’aiguiller les parents dans l’apprentissage de l’autonomie.

Après des entretiens pour estimer leurs compétences, notamment dans l’autodétermination, l’autonomie et l’estime de soi, des activités de loisirs individuelles ont été organisées durant les congés scolaires.

A la fin du projet, une nouvelle session d’entretiens a permis d’évaluer les capacités des jeunes dans les mêmes domaines (autodétermination, autonomie et estime de soi) .   Parallèlement, l’analyse des grilles d’analyse de tâche mettent en évidence les progrès éventuels des jeunes suite à leur participation.

Les premiers résultats

Et des progrès peuvent déjà être observés.   Les jeunes évoluent sur le plan de l’autonomie, de la prise de parole et des interactions sociales.  Au fur et à mesure des activités, les adolescents ont tous manifesté une envie d’apprendre, d’évoluer, de dépasser leurs limites et leurs angoisses.

Les jeunes ont pu s’exercer à prendre le bus ou le train, à se déplacer en ville, à payer leurs consommations ou encore à exprimer une demande auprès des personnes étrangères.   Si pour certains, l’exercice avait déjà été réalisé auparavant avec un parent ou un ami, pour d’autres, l’expérience était toute nouvelle et donc parfois très angoissante. « C’est en forgeant que l’on devient forgeron » dit le proverbe.

Les premiers résultats indiquent qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre.   Les cinq jeunes participant actuellement au projet ont bien évidemment des profils intellectuels et comportementaux différents, leurs forces et leurs difficultés sont personnelles. Le comptage, le calcul, la lecture, la gestion du temps, la prise d’initiatives et le transfert des compétences font toutefois partie des difficultés communes pour lesquelles des apprentissages spécifiques seraient nécessaires. L’association, la section X-fragile et les universités de Mons et de Liège mènent des actions dans ce sens et continuent leur réflexion afin d’aider les jeunes présentant un retard mental à progresser dans ces domaines.

En conclusion

Aujourd’hui, le projet subventionné par Cap48 se termine.   Les résultats feront l’objet d’un rapport qui, nous l’espérons, donneront l’envie aux familles de continuer le travail entrepris et de mener de nouveaux projets dans ce sens avec leurs enfants.

Bien plus qu’un accompagnement, ce projet a été une réelle opportunité d’apprentissage de l’autonomie pour des jeunes adultes qui n’ont pas toujours l’occasion de l’exprimer et d’en faire l’expérience.   Des enjeux importants relatifs à l’environnement, la famille, l’école, les services posent aussi la question de la formation continue à l’âge adulte.

Le 22-04-2010, nous avons eu l’occasion d’apprécier les résultats concrets obtenus et de permettre à chacun, jeunes adultes, parents et intervenants, de se poser toute une série de questions quant à l’avenir des personnes en situation de handicap.

Pour plus d’informations sur le projet « Apprends à prendre ta place » financé par Cap48, nous vous invitons à lire nos actes du Colloque du 22-04-2010 à l’IPG de Gosselies où vous trouverez tos les détails et les éléments de réponses souhaités.

Dans la continuité

Nous renforçons cet apprentissage par un autre projet financé par la Fondation PROXIMUS dont les résultats feront également l’objet d’un rapport en 2011.

En effet, pouvoir s’intégrer en confiance à la vie en société relève souvent du challenge pour les personnes en situation de handicap mental dont le syndrome X-fragile.   Notre projet propose à des jeunes de participer activement et personnellement à des activités socioculturelles ordinaires grâce à un accompagnement et une communication adaptés.   Une première rencontre avec le monde extérieur et les autres, en dehors du milieu familial et du milieu scolaire ou institutionnel.qui, nous l’espérons, donneront l’envie aux familles de continuer le travail entrepris et de mener de nouveaux projets dans ce sens avec leurs enfants.

A travers ce projet, ce sont les apprentissages des règles de vie en société, de l’autonomie, … qui sont visés par des mises en situations réelles, agréables et en intégration, avec un accompagnement adapté, et dans la durée.   L’intégration réelle est difficile à concrétiser sans apprentissage.   Cela explique que nous ne pouvons pas viser directement, dans cette première expérience, un second objectif qui serait de faire des groupes « mixtes » de jeunes avec et sans handicap.

Ce projet est tout à fait réaliste du fait de la progression prévue et du cadre de référence établi pour l’évaluation étape par étape.   Des expériences précédentes, plus ponctuelles et moins structurées, nous ont déjà permis de prendre conscience des bénéfices apportés par de telles activités.




 

Edito / News I Projets en cours I Loisirs I Nos actions I Agenda
Forum I Nos publications I Cotisations I Contacts

© Copyright Association Syndrome X-fragile 2004

 
mesure d'audience